M. Hervé Kitienne a fait fortune dans la fabrication et la vente de clous. Son entreprise, « Les Clous Kitienne », est le leader européen sur ce marché.
Et malheureusement, croyant faire une воnnе affaire, M. Hervé Kitienne embauche comme directeur des ventes un jeune diplômé, tout frais sorti d’une école de commerce du fin fond du Berry. Le jeune est plutôt du style « dents qui rayent le parquet ».
Bourré de certitudes, le jeune directeur décide qu’il faut faire de publicité à la télé et il tente de convaincre le vieux patron du bienfondé de ces arguments. Celui-ci finit par céder et fait convoquer les meilleures agences de communication du coin pour qu’elles soumettent leurs projets.
A l’issu ede cette réunion où chacun a pu présenter son projet, le boss n’est pas satisfait :
- Messieurs, il faut que je vous explique : moi, les clous Kitienne, j’en vends depuis 40 ans ! Alors je sais comment il faut en parler à la télé. Voilà ce que je veux, c’est simple : image panoramique sur une colline. En haut une croix. Zoom avant sur la croix et Jésus. Deux légionnaires sont en train de clouer Jésus sur la croix. Zoom arrière, au pied de la croix le logo des clous Kitienne et en voix off :
- « Le clou Kitienne ! Le clou qui s’enfonce sans effort ! ». Cool, non ?
Tout le monde est atterré. Les gars se regardent effarés. Le jeune directeur des ventes en a la mâchoire qui pendouille. Il tente de convaincre son patron qu’il vaudrait mieux ne pas heurter certaines sensibilités.
Après moultes palabres, on convient d’un nouveau rendez-vous pour permettre aux fils de pub de soumettre de nouveaux projets.
Mais, à l’issue de cette nouvelle réunion, le boss n’est toujours pas satisfait :
- Messieurs, vos projets ne m’emballent toujours pas. Cependant, je vous remercie de m’avoir fait comprendre l’autre jour que le coup de Jésus sur la croix était un peu maladroit. J’y ai bien réfléchit et je crois que j’ai trouvé l’idée géniale : Image panoramique, une colline. En haut une croix. Zoom avant sur la croix et là, PERSONNE ! La caméra plonge au pied de la croix, et on découvre Jésus, face contre terre à côté du logo des clous Kitienne avec une voix off qui explique :
- « Avec les clous KITIENNE, il tiendrait ENCORE… »
Toto se promène dans la rue avec son papa. Ils passent devant une maison bizarre, avec des fenêtres aux tentures fermées, des néons dans l'entrée, etc.
- Papa, c'est quoi la maison, là ? Hein papa, c'est quoi ?
Le papa, ennuyé :
- Ce n'est rien, ce n'est pas pour les petits garçons sages. Tu sauras plus таrd ce que c'est. Viens, on continue la promenade.
Revenu à la maison, Toto ne peut résister à la curiosité. Profitant d'un manque d'attention de son papa, il prend un billet de 200 euros dans le portefeuille familial et sort discrètement. Quelques minutes plus таrd, il est dans le hall de la grande maison avec des tentures et des néons colorés. Une dame en petite tenue se tient derrière un comptoir.
- Bonjour Madame, excusez-moi de vous déranger : Voici 200 euros, et j'en voudrais pour mon argent !
La dame, ennuyée, demande à Toto de patienter quelques instants. Elle se rend dans une pièce à l'arrière où se trouve le "patron".
- Dis, Giuseppe, il y a un gamin à l'entrée ; il m'a donné 200 euros et il m'a dit qu'il en voulait pour son argent. Qu'est-ce que je fais ?
- Il est sans doute victime d'une blague de copains plus âgés... Tu te souviens des crêpes qu'on a faites avant-hier. Il y en a encore quelques-unes au frigo. Réchauffe-les en vitesse, donne-les lui et rends-lui 195 euros. Il sera content et il partira. La dame s'exécute, amusée...
Revenu à la maison, Toto tombe sur un papa furieux. Il le cherche partout depuis une heure et il s'est aperçu du vol dans son portefeuille :
- Toto, où étais-tu ?
- J'étais dans la grande maison avec des tentures et des lampes de toutes les couleurs.
Le papa, très inquiet et craignant le pire pour l'innocence du fiston :
- Et qu'est-ce que tu as fait dans cette maison ?
- Papa, c'était fantastique ! Quel service ! J'ai donné 200 euros, on m'a rendu 195 euros. J'en ai eu 8, et il y en a 4 qui étaient tellement chaudes que j'ai du les finir sur le trottoir !